En souvenir de Claude A. Simard (1943-2014)

« Nous dessinons avant de savoir écrire. Dans les images que nous faisons, nous créons des histoires à nous, à moitié vérité, à moitié fantaisie. Comme font les petits, nous parlons du paysage, des amis, des amours. Nous racontons ce que nous sommes et ceux que nous aimons, l’espace d’être, la joie, le grand chagrin. Nous racontons l’espoir, l’attente, le désir. La vie, si douce et si fragile. »
– Claude A. Simard

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Né le 9 juillet 1943 à Québec, Claude Alphonse Simard était un peintre reconnu pour ses toiles colorées représentant des scènes de jardins floraux, des paysages, des natures mortes et des personnages.

Après des études classiques au Petit Séminaire de Québec et à l’Académie de Québec, il obtient en 1966 un diplôme en communication visuelle de l’Ontario College of Art de Toronto. « J’ai étudié sous des maîtres comme Franklin Arbuckle, Alan Colier et Gray Mills. Ils m’ont donné le goût de faire, le goût de regarder, de dire, de me perdre dans un dessin avec la sincérité de la passion », mentionne Claude A. Simard dans son livre Inspiration.

Suivant un stage avec le groupe de design de la British Motors Corporation à Birmingham, en Angleterre, Claude A. Simard entreprend sa carrière en 1966, alors qu’il est embauché à la Maison Simons, à Québec, à titre de directeur de la publicité et de l’aménagement. Il y œuvre jusqu’en 1973 et y développe l’image de marque de l’entreprise, telle qu’on la connaît aujourd’hui.

La même année, il fonde le Groupe Communikart, un cabinet de graphisme qu’il dirigera jusqu’en 1984. Il remporte alors plusieurs prix, dont deux prix à Milan pour des logos conçus pour Mobilier International (1973) et la Scierie des Outardes (1977).

Membre fondateur de la Société des graphistes du Québec, créée en 1974 et devenue depuis la Société des designers graphiques du Québec, il est l’auteur d’un code de déontologie destiné à encadrer les pratiques professionnelles des membres.

Reçu en 1981 à l’Académie royale des Arts du Canada, Claude A. Simard enseigne à l’École des arts visuels de l’Université Laval de 1982 à 2002. Il est de plus vice-doyen de la Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design en 1988-1989.

En parallèle à ses activités de concepteur graphique, d’entrepreneur et d’enseignant, Claude A. Simard s’adonne à la peinture et crée un important corpus d’œuvres.

Ses tableaux ont été présentés dans de nombreuses expositions solo, dont une rétrospective au Musée du Québec en 1975. En 1991, il est invité à participer à une exposition mettant en valeur les peintres québécois et présentée à l’Orangerie du château de Bagatelle, à Paris. On retrouve également ses œuvres dans diverses galeries du Canada, dont la galerie Perreault à Québec, la galerie L’Harmattan à Baie-St-Paul, la galerie Richard Hevey à Ste-Adele, la galerie Roberts à Toronto, la galerie Alan Klinkhoff à Montréal, la galerie West End à Edmonton et à Victoria et la galerie Masters à Calgary, ainsi que dans plusieurs collections privées.

Il compte parmi ses réalisations cinq murales historiques exécutées en 1982 et en 1983 pour Parcs Canada dans le cadre du concept d’interprétation intégré à Fort-Chambly. Il est également le concepteur de huit timbres-poste émis par la Société canadienne des postes, dont deux timbres de Noël (1983 et 1987) et un timbre commémoratif, Québec en fleurs, émis en 1997.

Il a publié plusieurs ouvrages consacrés à ses deux passions, la peinture et le jardinage, dont son plus récent livre, Inspiration, qu’il dédie à ses quatre petits-enfants « pour qu’ils gardent en mémoire tout ce plaisir que nous avons ensemble, à ce vieux chevalet, compagnon fidèle de nos amours ».

Claude A. Simard était non seulement un peintre et un jardinier, mais également un grand admirateur de sa famille. Son épouse Huguette, ses filles Roseline et Rose-Mélanie, son gendre Dominic et ses petits-enfants, Emma, Clara-Eve, Charlotte et Thomas-Claude, lui ont servi d’inspiration tout au long de sa vie.

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« Plus essentiel que la beauté, Claude A. Simard aura su peindre le bonheur. »

– Jacques de Guise, sociologue, professeur à la retraite et ami